Signoui

Valeur juridique de la signature électronique : ce que dit la loi

· 6 min de lecture

Dossier de preuve prêt en cas de litigeDossier de preuvejournal · horodatage · PDF scellé

Une signature électronique a-t-elle la même valeur qu’une signature à la main ? En France, la réponse est oui, à condition de pouvoir prouver deux choses : qui a signé, et que le document n’a pas été modifié depuis. Voici ce que disent les textes, et ce que cela change concrètement pour vos devis et contrats.

Ce que dit le Code civil

Deux articles posent le principe.

L’article 1366 du Code civil prévoit que l’écrit électronique a la même force probante que l’écrit papier, sous réserve que la personne dont il émane puisse être dûment identifiée et qu’il soit établi et conservé dans des conditions de nature à en garantir l’intégrité.

L’article 1367 précise que la signature électronique consiste en l’usage d’un procédé fiable d’identification garantissant son lien avec l’acte auquel elle s’attache.

Autrement dit : la loi ne regarde pas la forme de la signature, mais la fiabilité du procédé. Un simple nom tapé en bas d’un e-mail est une signature électronique, mais une signature difficile à défendre.

Ce que dit le règlement européen eIDAS

Le règlement (UE) n° 910/2014, dit eIDAS, harmonise les règles dans toute l’Union européenne. Son article 25 pose un principe essentiel : un juge ne peut pas écarter une signature au seul motif qu’elle est électronique, ni parce qu’elle n’est pas « qualifiée ».

eIDAS distingue trois niveaux de signature :

  • la signature simple, qui couvre tout procédé électronique de signature ;
  • la signature avancée, liée au signataire de manière univoque, qui permet de l’identifier, et qui détecte toute modification ultérieure du document ;
  • la signature qualifiée, une signature avancée créée avec un dispositif et un certificat qualifiés délivrés par un prestataire de confiance qualifié.

Pour aller plus loin, lisez notre article signature simple, avancée ou qualifiée : laquelle choisir ?.

Présomption de fiabilité : ce qui change selon le niveau

Seule la signature qualifiée bénéficie d’une présomption de fiabilité (décret n° 2017-1416 du 28 septembre 2017) : c’est à celui qui la conteste de prouver qu’elle n’est pas fiable.

Pour les signatures simples et avancées, il n’y a pas de présomption : en cas de contestation, c’est à vous de démontrer la fiabilité du procédé. C’est parfaitement possible, et c’est ce que font chaque jour les entreprises qui signent leurs devis et contrats commerciaux en ligne. Encore faut-il disposer des bons éléments.

Ce qui fait une preuve solide

En pratique, un juge cherchera à répondre à trois questions : qui a signé, quand, et sur quel document exactement. Une preuve solide réunit donc :

  1. L’identification du signataire : un lien d’accès personnel et un code à usage unique envoyé sur son téléphone ou sa boîte e-mail.
  2. Le consentement : une action explicite de signature, enregistrée.
  3. L’intégrité du document : une empreinte cryptographique (SHA-256) et un scellement du PDF (format PAdES) qui rend toute modification détectable.
  4. La date certaine : un horodatage par une autorité d’horodatage (norme RFC 3161), éventuellement doublé d’un ancrage public.
  5. La traçabilité : un journal d’audit horodaté de chaque étape (envoi, ouverture, saisie du code, signature), avec adresses IP et appareils.
  6. La conservation : un archivage qui garantit que tous ces éléments restent intacts dans la durée.

C’est exactement ce que réunit le dossier de preuve produit par Signoui pour chaque document signé.

Les cas où la signature électronique ne suffit pas

Certains actes restent soumis à des formes particulières. Par exemple, l’article 1175 du Code civil exclut de la conclusion électronique certains actes sous signature privée relatifs au droit de la famille et des successions, ainsi que certaines sûretés lorsqu’elles ne sont pas consenties pour les besoins d’une profession. Les actes authentiques relèvent quant à eux du notaire. Pour vos devis, bons de commande, contrats commerciaux, contrats de prestation ou procès-verbaux de livraison, la signature électronique est en revanche parfaitement adaptée.

En résumé

  • La signature électronique a la même valeur qu’une signature manuscrite si l’identité du signataire et l’intégrité du document peuvent être établies.
  • Pour un devis ou un contrat commercial, une signature simple ou avancée bien documentée est la norme du marché.
  • La force de votre signature se joue dans la qualité du dossier de preuve.

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour un cas particulier, rapprochez-vous d’un avocat.

Votre prochain devis, signé aujourd'hui.

Compte gratuit, sans carte bancaire. 2 envois par mois offerts avec code SMS, pour toujours.